Dashcam : ce que dit la loi française

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Meta description : Filmer ses trajets en voiture, c’est tentant pour se protéger. Mais que dit vraiment la loi française sur les dashcams ? Découvrez les règles à connaître avant de fixer une caméra sur votre pare-brise.

La dashcam intrigue, rassure, divise parfois… mais elle s’impose progressivement dans l’univers de l’automobile en France. Entre sécurité routière, preuve en cas d’accident, et protection contre les fraudes à l’assurance, les motivations sont nombreuses. Pourtant, derrière cette petite caméra se cache un cadre légal à respecter scrupuleusement. Est-il vraiment légal de filmer la route ? Que faire des enregistrements ? Peut-on tout filmer sans se poser de questions ? Ce sujet, à la croisée du droit à l’image, de la vie privée et de la sécurité, mérite une explication claire, sans détour. Si vous envisagez d’installer une dashcam dans votre voiture ou si vous voulez simplement connaître vos droits, cet article est fait pour vous.

Est-ce légal d’installer une dashcam en France ?

En France, rien n’interdit d’installer une caméra embarquée dans son véhicule. Il est donc parfaitement légal d’utiliser une dashcam, à condition de respecter certaines règles précises. La loi ne vise pas directement la dashcam comme objet, mais son utilisation et les conséquences qui en découlent. Il est important de noter que tant que vous utilisez une dashcam pour un usage strictement personnel autrement dit, que vous ne diffusez pas les images vous restez dans la légalité. Elle peut par exemple servir de preuve en cas d’accident, ce qui est d’ailleurs l’un de ses usages principaux. C’est pourquoi de nombreux conducteurs choisissent d’installer une dashcam dans leur voiture pour se prémunir contre les litiges et les accusations infondées.

Cependant, dès lors que vous partagez les images captées (sur les réseaux sociaux, par exemple), vous entrez dans un cadre bien plus réglementé. Le droit à l’image d’autrui, le respect de la vie privée et la protection des données personnelles entrent alors en jeu. Installer une dashcam ne nécessite pas de déclaration particulière auprès des autorités si elle est destinée à un usage privé. En revanche, toute utilisation publique ou professionnelle peut entraîner des obligations, notamment auprès de la CNIL ou de la préfecture. Cette liberté d’installation contraste fortement avec d’autres pays comme l’Autriche ou le Luxembourg, où l’usage de dashcams est strictement encadré, voire interdit.

Filmer la voie publique : est-ce vraiment autorisé ?

La route est un espace public, ce qui pourrait faire croire qu’on peut tout y filmer sans contrainte. Pourtant, la réalité est plus nuancée. En France, filmer sur la voie publique est autorisé pour un usage personnel, mais la diffusion des images captées est soumise à des conditions très strictes. La loi française protège fermement le droit à l’image. Concrètement, cela signifie que si une personne est reconnaissable sur une vidéo filmée avec votre dashcam, vous ne pouvez pas diffuser cette vidéo sans son accord explicite. Cela s’applique aussi aux plaques d’immatriculation, visages ou tout élément permettant d’identifier une personne.

Voici un exemple concret : vous êtes témoin d’un accident et votre dashcam enregistre la scène. Vous pouvez conserver la vidéo et la transmettre à votre assureur ou aux forces de l’ordre si cela s’avère nécessaire. En revanche, publier cette vidéo sur YouTube ou TikTok sans flouter les visages ni obtenir d’autorisation est illégal. Le droit à l’image dashcam est donc un point central à comprendre pour éviter tout problème juridique, même involontaire.

Dashcam et données personnelles : que dit la CNIL ?

Lorsque vous filmez avec une dashcam, vous pouvez capter des données personnelles : visages, plaques d’immatriculation, comportements routiers. Dès que vous sortez d’un usage strictement personnel, la CNIL considère que vous traitez des données à caractère personnel. Dans le cadre d’un usage privé, vous n’avez pas besoin de faire de déclaration à la CNIL. Toutefois, si vous êtes une entreprise, un chauffeur VTC ou un taxi, et que vous enregistrez les trajets ou les clients, vous devez respecter le RGPD. Cela implique :

Obligations pour les professionnels

  • Informer clairement les passagers que l’enregistrement est en cours
  • Justifier l’intérêt légitime de l’enregistrement
  • Protéger les données contre tout accès non autorisé
  • Conserver les vidéos pendant une durée limitée

Sanctions possibles

En cas de non-respect, les sanctions peuvent être lourdes, allant jusqu’à plusieurs milliers d’euros. La CNIL est de plus en plus attentive à l’usage des caméras embarquées dans un cadre professionnel. En somme, si vous êtes un particulier, restez discret, respectez la vie privée d’autrui, et vous n’aurez pas à vous inquiéter. Mais dès que l’usage dépasse le cercle privé, la vigilance est de mise.

Une dashcam peut-elle servir de preuve devant un tribunal ?

La dashcam est souvent perçue comme une « boîte noire » de la route. Mais est-elle vraiment recevable devant la justice ? La réponse est : oui, sous conditions. Les images captées par une dashcam peuvent être utilisées comme élément de preuve devant un juge. Toutefois, elles doivent avoir été obtenues de manière loyale, c’est-à-dire sans provocation, manipulation ou violation manifeste du droit à la vie privée.

Le juge reste libre d’accepter ou de rejeter la vidéo, selon le contexte. Mais dans la majorité des cas, si la vidéo permet de démontrer la réalité d’un accident ou d’un comportement dangereux, elle est considérée comme légitime. Les compagnies d’assurance commencent également à reconnaître la valeur probante de ces enregistrements. Cela peut aider à déterminer les responsabilités en cas de litige.

Voici quelques cas concrets où une dashcam a pu servir :

  • accident avec délit de fuite
  • refus de priorité non reconnu par l’autre partie
  • fraude à l’assurance (collision volontaire)
  • comportement dangereux filmé sur autoroute

Utiliser une dashcam pour votre assurance auto devient de plus en plus fréquent, et cela peut faire la différence lors d’un dossier litigieux.

Quels sont les risques en cas de mauvaise utilisation ?

Comme tout outil, une dashcam mal utilisée peut se retourner contre vous. Le premier risque concerne la diffusion des vidéos. Si vous publiez une vidéo où des personnes sont reconnaissables, sans floutage ni consentement, vous vous exposez à des poursuites civiles, voire pénales. Autre point : l’enregistrement sonore. Beaucoup de dashcams intègrent un micro. Or, enregistrer une conversation sans le consentement des personnes concernées peut être considéré comme une atteinte à la vie privée.

Voici les erreurs à éviter absolument :

  • filmer les passants de manière prolongée
  • filmer dans une propriété privée sans autorisation
  • diffuser des vidéos sur les réseaux sans floutage
  • enregistrer des conversations à l’insu des personnes
  • ne pas sécuriser l’accès aux fichiers vidéo

Il est donc crucial de bien configurer votre dashcam : désactiver le micro, régler les angles de vue pour éviter les trottoirs, et surtout, ne jamais partager une vidéo sans réfléchir à ses conséquences juridiques.

Ce qu’il faut retenir

Installer une dashcam en France est légal, à condition de respecter le droit à l’image, la vie privée et le cadre réglementaire fixé par la CNIL pour les usages non privés. Ce petit appareil peut devenir un allié précieux sur la route, à condition de l’utiliser intelligemment. Vous envisagez d’équiper votre véhicule ? Posez-vous les bonnes questions et respectez les règles : c’est la meilleure façon de rouler sereinement tout en protégeant vos droits. Vous utilisez déjà une dashcam ? Partagez votre expérience et vos conseils pour aider d’autres conducteurs à y voir plus clair !

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